Les premiers canons
Les débuts du projet
Le premier projet de canon électrique en France et dans le monde fut proposé en 1884 par... un avocat daxois, Maître La Lauze.
A une époque où l'énergie électrique était encore balbutiante, il fut qualifié par la Direction de l'Artillerie de Bayonne de «curiosité de laboratoire».
En 1908, un nouvel engin fut proposé par un certain Ponteux mais il resta dans les limbes.
Ce n'est que durant la 1è Guerre Mondiale que furent entreprises des études sérieuses par M. Fauchon-Villeplée qui proposa un canon électrique dans lequel le champ magnétique créé par un fort courant parcourant le «tube» propulsait des fléchettes de 50g.
Des essais furent menés qui permirent d'atteindre la vitesse de 200 m/s. La fléchette traversait une cible en bois de 8 cm d'épaisseur, à 25 m de distance.
La construction d'un démonstrateur en vraie grandeur fut lancée en 1918, mais l'engin arrivait trop tard et le prototype inachevé fut abandonné le 3 novembre 1918. On n'en connaît aucune photo.
La renaissance du projet
Ce projet ne ressort de l’oubli qu’à la fin des années 1970.
C’est à cette époque que M. Michel Amiet commença à s’en occuper.
Une collaboration franco-allemande avait permis de construire l’Institut Saint-Louis en 1958 pour faire des études scientifiques de développement dans le domaine de l’armement. L’ISL établit une collaboration avec la DGA (Direction Générale de l’Armement) où travaillait M. Amiet. Au fil des années, ils ont réétudié le canon électrique en repartant du système de base.
Ainsi, à chaque étape de la construction, les ingénieurs se sont aperçus qu’il y avait de nombreux problèmes pour réaliser un canon pouvant fonctionner sur une longue période. C’est ainsi que furent ajoutés un contact glissant pour éviter l’usure, la diminution de la taille des bobines, etc.
Le seul concurrent était les Etats-Unis. Cependant la coopération franco-allemande put déposer les brevets avant les USA pour le contact glissant.
Malheureusement, faute de budget, il n’y a aucun essai prévu en France pour un canon électrique.
Ainsi, les USA ont les moyens de faire des essais avec un canon qui n’est pas abouti et la France possède le meilleur canon du moment mais ne peut s’en servir…
Les avantages
Par rapport à la poudre :
- Sur Terre, les projectiles à poudre ne peuvent pas aller à plus de 2 200 m/s d’après les lois de la physique (une balle de Famas a une vitesse de 950m/s).
- L'inconvénient d'un projectile propulsé avec de la poudre (fusée) est que le projectile doit transporter son carburant lequel occupe une majorité du projectile et donc du poids. Cela diminue la vitesse et la distance.
- Un autre inconvénient est la dangerosité du stockage du produit permettant la propulsion qui peut facilement exploser.
Par rapport à la vitesse :
La vitesse du projectile est illimitée. Elle ne dépend que de l'énergie que l'on utilise pour propulser le projectile. La vitesse dépend aussi de l'ablation sur Terre.
Sur Terre pour le moment, il a été possible d'envoyer des projectiles à 2500 m/s mais dans l’espace, des billes projetées par un canon électrique ont atteint 10 000m/s (guerre des étoiles : guerre pour détruire des satellites)